Rumillies - Les beautés du tournaisis

Les beautés du  Tournaisis 

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Rumillies


Souvenirs de Rumillies (et d’ailleurs)
Poème de Jean Secret, membre du groupe. 

C’est un simple village en bordure de ville 
À peine quelques rues sans foule ni marché, 
Un recoin de campagne où l’on vit bien tranquille… 
Le passant vous dira qu’il y fait bon marcher. 

Le Rieu d’Amour séduit la chaussée de Renaix 
Au carrefour étrange appelé ʺVerte Feuilleʺ ; 
Pour le voyageur las, ʺLa Barrièreʺ, un relais, 
Permettait de souffler. Rumillies vous accueille… 

Ici la Liberté mène à la Solitude,
Mais les chemins n’ont rien d’un parcours désolant :
C’est une promenade assortie de quiétude.
Dans les champs, les chevaux labouraient à pas lents.

L’école, sobrement, sur la petite ʺplaceʺ,
Offrait quelques vieux bancs, un poêle sans vigueur
Qui ne pouvait briser l’atmosphère de glace
Forgée par la saison dans toute sa rigueur ;
Décembre recouvrait de givre les fenêtres…
En chandail de tricot sous leur tablier noir,
Les enfants écrivaient à l’encre et à la plume
Sous le regard perçant du vieil instituteur.
La fumée du tabac de sa pipe en écume
Laissait flotter en classe une étrange senteur.
Il inspirait la peur, mais c’était un bon maître
Qui enseignait la vie autant que le savoir.

La Maison Communale était lieu de rencontre :
L’ employé connaissait le nom des habitants
Et si, de son gousset, il retirait sa montre,
C’était pour se prouver qu’il avait bien le temps…

Le champêtre veillait, mais sans excès de zèle ;
Il calmait les gamins ou le mari furieux
Et pour faciliter sa démarche apaisante,
Vidait, en s’attardant, un verre d’amitié.

Le cantonnier fauchait les abords des ruelles,
Nettoyant les fossés et les berges des rieux.
Il vaquait en sifflant quelque chanson récente,
Heureux de vous prouver qu’il aimait son métier.

On entendait sonner au clocher de l’église :
Volée, le mariage et glas l’enterrement
Et chacun se pressait en vantant la promise
Ou en pleurant le mort… bien ostensiblement.
On y choyait le nom de Marie Madeleine.
Les fidèles suivaient des messes en latin
Et le sermon parlait de gens à peau d’ébène,
De lèpre et de mission dans un pays lointain…

Les soirs d’été, le vent berçant le Bois de Breuze
Voyait les amoureux s’y faire les yeux doux.
La ferme où s’activait une fermière heureuse
Vous vendait le lait frais, le beurre ou le saindoux.
On tuait le cochon en prévision des fêtes :
Quelques morceaux de choix se gardaient au saloir ;
Dans la cour, le boucher faisait bouillir la tête
Et les tripes prévues pour le repas du soir.

Camouflant sa fierté sous ses airs de province,
Le petit bourg soignait la paix de deux châteaux ;
Et si, fruit du hasard, on y croisait le prince,
Poliment Monseigneur soulevait son chapeau.

Les photos ci-dessous proviennent des membres du groupe..
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